Alzheimer et Alimentation
Alzheimer et alimentation
Des repères pour accompagner les repas avec bienveillance
Reconnaître un aliment, utiliser une cuillère, penser à boire… Avec la maladie d’Alzheimer, les gestes familiers du repas peuvent devenir difficiles. Comment aider son proche tout en préservant son autonomie et le plaisir de manger ?
Un café des aidants au Bas Château
Le 19 octobre 2026, j’ai animé un atelier à l’EHPAD Le Bas Château, à Essey-lès-Nancy, à l’occasion d’un café des aidants réunissant résidents et proches.
Nous avons abordé les difficultés alimentaires qui peuvent survenir avec l’âge : bouche sèche, mastication, déglutition, constipation, baisse d’appétit et hydratation.
L’objectif de cette rencontre : partager des conseils concrets pour rendre les repas plus confortables et accompagner les difficultés du quotidien.
Dans le prolongement de cet atelier, voici quelques repères pour les aidants d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Comprendre ce qui se passe devant l’assiette
Manger sollicite plusieurs capacités : reconnaître la nourriture, comprendre l’utilité des couverts, organiser ses gestes et porter une bouchée à sa bouche.
La maladie d’Alzheimer peut perturber ces différentes étapes. Votre proche peut rester devant son assiette sans commencer, ne plus savoir utiliser sa fourchette ou ne pas reconnaître le plat proposé.
Ce comportement ne signifie pas nécessairement qu’il n’a pas faim ou qu’il refuse de manger.
Présentez simplement les aliments et leur emplacement : « Voici votre purée », « Votre verre d’eau est juste ici ». Privilégiez des préparations familières, sans lui demander de nommer les aliments ou de se souvenir de leur usage.
Montrer les gestes et laisser le temps
Lorsque votre proche ne sait plus comment commencer, proposez une seule consigne à la fois, puis attendez sa réaction.
Vous pouvez, par exemple :
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placer le couvert utile à portée de sa main ;
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dire simplement : « Prenez la cuillère » ;
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manger à ses côtés pour montrer naturellement le geste ;
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guider doucement sa main, uniquement s’il l’accepte.
Une cuillère ou des couverts adaptés peuvent faciliter la prise alimentaire. Un ergothérapeute peut vous aider à choisir le matériel approprié.
Laissez votre proche réaliser ce qu’il peut encore faire seul. L’aide doit soutenir ses capacités, sans le mettre à l’épreuve ni le presser.
Apaiser l’environnement du repas
Une télévision allumée, une table encombrée ou plusieurs conversations simultanées peuvent compliquer la concentration.
Pour faciliter le repas :
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choisissez un endroit calme et bien éclairé ;
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conservez autant que possible des repères familiers ;
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retirez les objets inutiles de la table ;
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accordez suffisamment de temps ;
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acceptez les petites maladresses sans les souligner.
Une présence rassurante et des encouragements simples sont souvent plus utiles que des rappels répétés.
Adapter sans perdre de vue la sécurité
Quand les couverts deviennent difficiles à utiliser, des aliments pouvant être saisis avec les doigts peuvent parfois favoriser l’autonomie.
Le « manger avec les doigts » doit cependant être adapté aux capacités de mastication et de déglutition. Il ne protège pas des fausses routes.
Le mixé et les boissons épaissies ne sont pas non plus des solutions systématiques. Leur utilisation nécessite une évaluation et des consignes individualisées.
Une toux au repas, des aliments gardés longtemps en bouche ou une difficulté à avaler doivent être signalés à l’équipe soignante.
Face au refus, rechercher la difficulté
Votre proche ferme la bouche ou détourne la tête ? Évitez de forcer.
Ce comportement peut traduire une douleur, une fatigue, une gêne à avaler ou une incompréhension de la situation. Faites une pause et recherchez avec les professionnels ce qui peut l’expliquer.
Vous pouvez ensuite proposer un autre moment ou une préparation appréciée, en respectant les consignes de l’équipe.
Pensez également à proposer régulièrement des boissons et, selon les besoins, de petites portions ou des collations. Une baisse durable des quantités consommées ou une perte de poids mérite un avis professionnel.
Aidants : vous n’avez pas à tout résoudre seuls
Le médecin, les infirmiers, le diététicien, l’orthophoniste et l’ergothérapeute peuvent vous accompagner pour trouver des adaptations réalistes.
Mon rôle de diététicienne-nutritionniste consiste notamment à prévenir la dénutrition, ajuster les apports et préserver une alimentation compatible avec les capacités, les goûts et les habitudes de chacun.
Merci à l’équipe du Bas Château pour son accueil, ainsi qu’aux résidents et aux aidants présents lors de cette rencontre.
Organiser un atelier dans votre structure
Vous souhaitez aborder l’alimentation après 60 ans, les changements physiologiques liés à l’âge ou l’accompagnement des aidants ?
Je propose des interventions adaptées aux besoins de votre établissement et de votre public.
Jennifer KORKMAZ
Diététicienne-Nutritionniste
06 50 30 45 18
✉️ korkmazjennifer@gmail.com
www.jennifer-korkmaz.fr
Sources : Alzheimer’s Society, « Eating and drinking » et « Supporting someone with dementia to eat and drink » ; recommandations ESPEN sur la nutrition et l’hydratation dans les troubles neurocognitifs, actualisation 2024.
Ces conseils sont à individualiser avec l’équipe soignante et ne remplacent pas une évaluation personnalisée.
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